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25 mars 2013 1 25 /03 /mars /2013 20:58

 

Moi , fille de paysan, j'ai été  élevée en partie dans une ferme ou se cotoyaient

-une soixantaine de vaches Aubrac à l'herbe l'été, au foin l'hiver et c'est tout 

- une centaine de pintades ( surnommées la CGT pour leur barouf dès que quelqu'un arrivait)

- 4 oies ( surnommées les tatas , mon père ayant 4 soeurs) 

- 3 ou 4 cochons pour le saloir et congélateur familial

- une vingtaine de canards de barbarie choisis pour leur mutisme

- une trentaine de poulets dans un grand parc grillagé

- une trentaine de lapins dans le meme parc (devenus croisés garenne au fil de leurs rencontres secrètes )

sans oublier quelques pigeons et certaines années quelques moutons .

 

Sans me considérer encore comme une dinosaure, ce temps me semble bien loin et sans parler de la diminution du nombre de fermes , je regrette encore plus le manque de variété de chacune et l'hyperspécialisation qui crée souvent une hyper dépendace aux aléas des marchés et des soucis climatiques : les paysans mettent de plus en plus tous leurs oeufs dans le meme panier .

 

Certes, nous sommes encore un pays d'estive et nos  vaches et boeufs restent sportifs et voyageurs des plaines aux montagnes.

Mais , les poulets et les porcs sont devenus des animaux complètement sédentaires dans les élevages hors-sol et quand ils sont dits "élevés en plein air" , combien sont-ils au metre-carré ?

Quand on se ballade sur les routes du Cantal , on voit peu de moutons et cochons dans les cours et alentours de fermes.

 

Je ne critique pas les agriculteurs qu'on a poussé à se spécialiser en leur imposant des normes sanitaires d'enfer  tant pour les cultures , que pour les batiments et au plan vétérinaire . Il y a davantage de controleurs en tous genres que de paysans .

Mais cela pose question, en ces temps de scandales sanitaires et de préoccupation écologique ,notamment en restauration collective , ce qui represente 60 % des repas de midi.

Quel est le bilan carbone de ces productions déplacées sans parler des transformations .?

 

La reflexion est urgente et certaines marche-arrière pourraient etre des bonds en avant .

 

Cela reste anecdotique mais est neanmoins symptomatique :

- de plus en plus de municipalités organisent l'installation de pouleschez leurs habitants pour réduire la quantité de dechets organiques

-la ville de Paris se lance dans la tonte des espaces publics par des moutons pour réduire le bruit et les dépenses énergétiques

- des études récentes montrent que le miel issu des ruches sur les gratte-ciels est plus riche et plus bio que celui des champs car la pollution des particules fines restent en bas et les abeiles trouvent une meilleure biodiversité dans les parcs et jardins qu'au milieu des mono-cultures extensives.

-On pense à installer des potagers sur les toits des immeubles ou vià des façades végétalisées ...

 

Allons -nous tous devenir des paysans des villes et laisser nos campagnes devenir des déserts animaux et humains ?

 

Comme d'hab , je milite pour des positions équilibrées et complémentaires :  une place pour chacun et chacun à sa place .

Je regrette tellement la dépopulation des campagnes et meme au sein d'un département la compétition voire la surenchère pour se disputer les habitants entre communes et villes .

 

Une vision plus globale est necessaire à l'echelle du département avec tous les acteurs politiques, institutionnels et professionnels .

C'est là la noblesse de la politique ( gestion de la vie publique)

Il est est déjà tard mais il n'est pas trop tard et le Cantal pourrait etre pilote : n'étant pas nombreux , nous pouvons nous rassembler plus facilement.

J'ai eu ce type de débat recemment avec un fonctionnaire responsable sur le départ suite à une mutation ; sa reflexion m'a interpellée " le problème "m'a-t-il dit , " c'est que ,ici,la proximité peut vite tourner à la promiscuité " ....'

 

Faisons le mentir !!! ;)

 

 

Nicole Soulenq 

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Published by aurillacdiet - dans politique
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